Echos’J n°25 - SAC, et après ?, Décret Accrochage scolaire, Campagne Familles d’accueil, CAP48

SAC : et après ?

Ce 30 mai 2013, la Chambre a adopté le projet de loi visant à élargir les sanctions administratives communales (SAC). La Ministre de la Jeunesse a marqué sa ferme opposition à ce projet et plus particulièrement à l’élargissement des SAC aux jeunes dès 14 ans. Avant d’être adopté à la Chambre, le projet de loi sur les SAC a suscité un tollé tant auprès des organisations de jeunesse que des acteurs de l’aide à la jeunesse et du monde judiciaire.

Tout comme eux, la Ministre considère ce texte comme arbitraire, stigmatisant et inefficace. Les comportements qui perturbent l’équilibre public ou le vivre ensemble, ainsi que tout acte délictueux, violent ou pas, même causé par un mineur, ne peuvent rester sans réponse de l’autorité publique. Les réponses à de tels comportements auraient cependant dû passer par un renforcement du pouvoir judiciaire et des moyens du parquet, et non par un transfert d’une partie des compétences judiciaires, sans moyens, vers les communes.

Maintenant que ce texte est adopté au niveau fédéral, son application relève des communes, lesquelles auront le choix de le mettre en œuvre... ou pas ! De nombreux bourgmestres ont déjà fait entendre qu’ils n’appliqueront pas les nouvelles dispositions de ce texte, notamment celles concernant les mineurs de moins de 16 ans. Il n’est donc pas trop tard pour se mobiliser, au contraire, pour être entendus par les autorités locales. Et que la loi soit appliquée ou non près de chez vous, la vigilance des maisons de jeunes, des mouvements de jeunesse, des services de l’aide à la jeunesse, des CAAJ est la meilleure garantie contre tout risque d’arbitraire. Parce que, dans tous les cas, la citoyenneté des jeunes doit rester la pierre angulaire des décisions qui se prendront en la matière dans les semaines et mois à venir.

Enseignement et Aide à la jeunesse, partenaires pour l’accrochage scolaire et le bien-être des jeunes

Un problème de racket dans le quartier ? Un élève en prise avec une consommation problématique de cannabis ? De nombreuses situations nécessitent une intervention conjointe de l’école et d’un service de l’Aide à la jeunesse, considérant le jeune dans son interaction avec différents champs (scolaire, familial, culturel…). Cette intervention peut se traduire par une animation en classe réalisée par une AMO, par l’orientation du jeune vers un service adéquat,…

C’est pour cette raison que le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé, ce 6 juin 2013, un avant-projet de décret intersectoriel présenté conjointement par les Ministres de l’Enseignement et de l’Aide à la jeunesse et visant à articuler les politiques de l’enseignement obligatoire et de l’aide à la jeunesse. Son objectif ? La prévention, que ce soit en matière de bien-être des jeunes, d’accrochage scolaire ou encore de prévention de la violence.

Pour mieux articuler ces interventions, développer les partenariats et faciliter ainsi le travail des acteurs de terrain, le gouvernement instaure notamment un dispositif nouveau, à savoir des lieux d’échanges de pratiques conjointes et de construction d’actions communes à 3 niveaux :
- au niveau local (établissement scolaire, quartier) : la cellule de concertation locale qui peut être constituée dans chaque établissement ;
- au niveau intermédiaire (zone ou inter-zones) : la plate-forme de concertation enseignement – aide à la jeunesse ;
- au niveau global (Fédération Wallonie-Bruxelles) : le Comité de pilotage, la Commission de concertation enseignement - aide à la jeunesse ainsi qu’une équipe de facilitateurs (chargés de soutenir la mise en œuvre et la pérennisation de la dynamique initiée par le décret).

A l’avenir, il sera possible d’associer, progressivement, d’autres secteurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles (jeunesse, santé, accueil-temps libre, Plan Jeunesse…), ainsi que les pouvoirs régionaux (dispositifs bruxellois en matière de lutte contre le décrochage et l’absentéisme scolaires, compétences de la Région wallonne en matière de santé, etc.).

Lancement d’une grande campagne « Familles d’accueil »

En Fédération Wallonie-Bruxelles, environ 7.500 enfants sont hébergés ailleurs que chez leurs parents dans le cadre d’une prise en charge par le secteur de l’Aide à la jeunesse. Parmi eux, 3.400 jeunes environ vivent en famille d’accueil. Il s’agit là du mode d’accueil en dehors du milieu familial le plus utilisé.

Les 4.000 autres jeunes sont accueillis dans des services de l’Aide à la jeunesse ou en internat.

La demande de prises en charge en famille d’accueil augmente chaque année et il manque cruellement de familles candidates. La Ministre de l’Aide à la jeunesse souhaite donc élargir ce réseau de familles d’accueil en lançant une campagne de sensibilisation et d’information auprès du grand public.

Il s’agit d’abord de sensibiliser le grand public au fait que de nombreux jeunes attendent une famille d’accueil, mais aussi d’inciter les citoyens à se porter candidat pour accueillir un jeune. La Ministre Huytebroeck tient également à valoriser les familles qui accueillent déjà.

Cette année, la campagne se déclinera de plusieurs manières :
- Dès le mois de juin, une campagne d’affichage dans les transports publics (STIB et TEC) sur l’ensemble de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ainsi que des spots sur les télévisions locales.
- Cet été, des stands d’information seront présents lors des 13 étapes du « Beau Vélo de Ravel », ainsi qu’une grande fête à l’attention de toutes les familles d’accueil au Beau Vélo à Namur fin août.
- A l’automne, des soirées « ciné-clubs » : projection d’un film en lien avec le thème de l’accueil familial, suivie d’un débat avec des familles et des acteurs de première ligne.

Plus d’infos sur les familles d’accueil ? Rendez-vous sur www.lesfamillesdaccueil.be

CAP48 : précisions utiles

Dans l’Echos’J n°24, nous vous annoncions que, dans le cadre d’un co-financement entre la Fédération Wallonie-Bruxelles et CAP48, des projets seront financés pour la mise en œuvre d’initiatives s’adressant à des jeunes parents éprouvant des difficultés éducatives avec leur enfant.

Sachez cependant que les asbl qui viennent en aide aux enfants / jeunes en difficulté peuvent par ailleurs s’adresser à CAP48 pour obtenir des financements dans les domaines suivants :
- Investissements immobiliers (achat, rénovation, aménagement) ;
- La mobilité, par l’acquisition de véhicules ;
- Des projets qui renforcent les capacités des jeunes (formation, loisirs, transition entre l’école et le travail, …).

Vos demandes sont non-exclusives : elles peuvent porter sur plusieurs types de financement simultanément.

Plus d’infos sur le site de CAP48.