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26 juin 2013

Quels sont les besoins des seniors bruxellois ?

Orienter davantage les seniors vers le bénévolat, mettre en œuvre une approche plus ciblée par quartier et accorder une attention supplémentaire à la diversité. Voilà quelques-unes des conclusions de l’étude de la VUB sur les besoins des seniors bruxellois en matière de logement et de services. Celles-ci ont été présentées cet après-midi en session plénière du Parlement bruxellois. Cette enquête a été réalisée à la demande des membres du Collège de la COCOM Brigitte Grouwels et Evelyne Huytebroeck, des ministres flamands Jo Vandeurzen et Pascal Smet et du membre du Collège de la Cocof Rachid Madrane. Les ministres compétents ainsi que les parlementaires bruxellois et flamands actifs dans ce domaine ont assisté à cette présentation des conclusions.

Au cours des prochaines années, la Région de Bruxelles-Capitale sera non seulement confrontée à un rajeunissement, mais également à un vieillissement de sa population. Le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans passera, en effet, de 200.000 (en 2010) à 290.000 (en 2040), soit une augmentation de 43,5 pour cent. Ce groupe de seniors comprend un sous-groupe de personnes très âgées (les plus de 80 ans) de plus en plus important. A l’heure actuelle, la Région de Bruxelles-Capitale compte déjà 50.000 personnes dites très âgées. Le défi consiste à continuer à offrir à ce groupe de seniors de plus en plus nombreux des soins de qualité. Cette offre de soins destinée aux personnes âgées concerne à la fois les structures résidentielles, les structures semi-résidentielles (accueil de jour) et les soins à domicile. Méthode de travail des chercheurs Au printemps 2012, les autorités concernées (COCOM, Communauté flamande et Cocof) ont chargé la VUB de réaliser une étude sur les besoins des seniors bruxellois en matière de logement et de services. Il était nécessaire de disposer d’une étude de programmation spécifique en raison de la situation complexe du logement et des soins à Bruxelles. La Région de Bruxelles-Capitale est, en effet, une véritable mosaïque à de nombreux points de vue. Ainsi, la population bruxelloise est particulièrement hétérogène :

-  On constate un fort rajeunissement de la population, mais dans le même temps aussi un vieillissement croissant.
-  Il existe d’importantes différences de prospérité entre les communes : la commune la plus riche et la commune la plus pauvre sont situées en Région de Bruxelles-Capitale.
-  Les seniors issus de l’immigration sont de plus en plus nombreux et ont des demandes de soins particulières. Les chercheurs ont, à chaque fois, complété les données quantitatives par une étude qualitative, notamment par le biais des focus groupes des « parties prenantes » (seniors, prestataires de soins, etc.). Ainsi, l’étude offre systématiquement un large aperçu des structures actuelles en Région de Bruxelles-Capitale. Cette étude peut dès lors être considérée comme une référence en la matière.

Conclusions

- Faire intervenir les seniors en tant que bénévoles. Faire appel aux seniors en tant que bénévoles peut considérablement stimuler leur activité sociale et leur autonomie. S’engager en tant que bénévole améliore l’image que l’on a de soi, permet de lutter contre la solitude, favorise la santé et la condition physique, etc. Les seniors bruxellois semblent moins adeptes du travail bénévole que les seniors flamands. Il n’en semble pas moins exister un réel potentiel : 28,4 pour cent des seniors bruxellois qui ne pratiquent pas encore le bénévolat souhaitent le faire dans les prochaines années. Les centres de service, de proximité et de quartier bruxellois existants peuvent jouer un rôle essentiel en la matière. L’élaboration d’un cadre de bénévolat pourrait constituer le fil rouge de leur fonctionnement : recherche, recrutement, formation, motivation des bénévoles, ainsi qu’orientation vers le travail de bénévolat adéquat.

- L’étude recommande un modèle de soins aux personnes âgées orienté vers la proximité, dans le cadre duquel le bénévolat, le travail de quartier et l’action médico-sociale occuperaient une place de choix. Bruxelles dispose d’ores et déjà, dans le domaine des soins de santé orientés vers la proximité, des atouts nécessaires sous la forme des centres de service, de proximité et de quartier susmentionnés. L’étude recommande de faire évoluer les centres existants pour qu’ils deviennent des points de contact de quartier, aisément accessibles aux seniors et aux acteurs de l’action médico-sociale, qui rempliraient un rôle prépondérant dans le domaine de l’information, du soutien et de la coordination des soins. Ce choix de soins de proximité va de pair avec la ‘sociabilisation’ des soins, ce qui signifie offrir des soins à un maximum de personnes dans l’environnement sécurisant de leur réseau social. Les acteurs de l’action médico-sociale ont un rôle important à jouer en la matière. L’action médico-sociale, c’est cette aide non professionnelle que les personnes ayant besoin de soins reçoive de leur famille, de leurs voisins, de leurs amis et des bénévoles. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Bruxelles se débrouille aussi bien que la Flandre dans le domaine de l’action médico-sociale. Un petit 10 % de la population affirme pratiquer l’action médico-sociale. L’étude recommande dès lors qu’une politique en bonne et due forme reconnaisse, implique et soutienne plus encore ces acteurs de l’action médico-sociale.

- Bruxelles dispose d’une offre fort complète de maisons de repos. Le manque de place ne devrait donc pas se faire sentir immédiatement. À l’heure actuelle, Bruxelles compte près de 260 maisons de repos, soit une capacité de 15.000 places d’accueil. Environ 69 % des maisons de repos bruxelloises sont agréés par la COCOM. La Cocof reconnaît quant à elle 30 % des maisons de repos. Deux maisons de repos (soit 1 %) ont le statut de centre d’accueil flamand. De nouveaux centres d’accueil de jour agréés par la Flandre devraient encore s’ajouter aux centres existants dans les années à venir. Avec ces centres d’accueil de jour supplémentaires, la Communauté flamande entend apporter une réponse à la nécessité d’un nombre accru d’initiatives néerlandophones.

- Les maisons de repos bruxelloises sont relativement bien réparties sur le territoire de la Région, à l’exception de la zone du Canal. Ce ne sont pas tant les personnes âgées d’aujourd’hui qui vivent dans cette zone, mais plutôt les personnes âgées de demain. Les (futurs) seniors de la zone du Canal témoignent d’une aversion prononcée à l’encontre des maisons de repos. Le manque de maisons de repos d’une part et cette réelle aversion d’autre part peuvent dès lors constituer une opportunité pour investir davantage dans des formes d’hébergement alternatives dans ces quartiers plus pauvres.

- Plus d’attention à la diversité : une préoccupation supplémentaire concerne la diversité croissante (et la possible dualisation) de la population âgée. Le nombre de seniors ayant des origines culturelles différentes représentera d’ici 2020 la moitié de la population âgée bruxelloise totale. Dans la plupart des cas il s’agit de seniors peu scolarisés, fragiles, très peu au courant de notre système de soins. Ces personnes ne demandent pas seulement à être reconnues en tant qu’individu. Elles attendent aussi une reconnaissance de la communauté (culturelle) à laquelle elles appartiennent. Ce n’est pas tant le fait d’être seul qui fait la solitude, mais le sentiment de ne pas/plus « appartenir à ». Il faut pour cette raison accorder plus d’attention à la diversité.

- Investir davantage pour les seniors fragiles. La part des seniors qui disposent d’un petit revenu va augmenter avec le nombre total absolu de personnes âgées. 22,1 % des seniors ont un revenu du ménage mensuel de moins de 1000€. Le risque est réel de voir croître un groupe de personnes âgées fragiles, lequel prendra la place de la personne âgée « traditionnelle » et devra se satisfaire des infrastructures classiques les moins chères. L’étude recommande donc d’investir davantage dans les endroits où vivent les seniors fragiles sur le plan financier et les plus précarisés.

- Besoin de davantage de concertation. Les trois autorités principales en matière de soins aux personnes âgées et de soins à domicile sont la Cocof, la Cocom et la Communauté flamande. L’étude recommande que ces autorités se concertent davantage, dans le respect de leurs particularités. Ainsi, elles devraient être mieux informées de leur politique et de leurs plans d’action respectifs. L’étude recommande en outre de mettre en place un système uniforme d’enregistrement numérique, qui sera utilisé de façon systématique par les différents services et pouvoirs publics du secteur bruxellois des personnes âgées. Il s’agirait d’un système uniforme de collecte de données et du développement d’instruments de mesure communs.

- Développer les opportunités d’emploi pour les (jeunes) Bruxellois dans les services aux personnes âgées. D’une part Bruxelles compte un large groupe de (jeunes) chercheurs d’emploi, d’autre part on constate un manque de prestataires de soins. Il s’ensuit que les filières d’études qui mènent aux professions de soins offrent de larges perspectives d’avenir : aide-soignant, personnel soignant, infirmiers etc. Mais l’enseignement professionnel offre également de nombreuses opportunités, vu la nécessité de maintenir les personnes âgées à domicile le plus longtemps possible. Pensons aux formations de personnel pour petits travaux d’entretien , de chauffeurs (services de transport), de couturières (services de réparation), etc.

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